Comment les outils numériques renouvellent la démocratie locale

Face à l’essoufflement des partis politiques, la défiance vis-à-vis des élus et l’abstentionnisme des jeunes, les outils numériques apparaissent comme salvateurs. Et cet engouement pour ces dispositifs venus renouveler la démocratie n’a pas échappé aux acteurs privés. Des entreprise de « civic tech » (technologies civiques), en majorité des start-up, ont envahi le marché de la démocratie participative depuis 2015, en vendant aux collectivités des outils numériques au service d’une démocratie plus ouverte, plus transparente. Si certains y déplorent une ubérisation de la démocratie ; d’autres y fondent l’espoir de faire de la politique autrement. Eléments de réponse dans ce dossier.

Sommaire

  1. Les civic techs au service d’une démocratie en danger
  2. « Les civic tech peuvent reconnecter citoyens et système politique » – Axelle Lemaire
  3. Commercialiser la citoyenneté n’est pas sans danger
  4. Qui sont les marchands de démocratie ?
  5. « La démocratie participative répond aux règles du marché », Alice Mazeaud, politologue
  6. Civic tech : des prestataires aux business models à risque
  7. « Loin de se résigner, les citoyens aspirent à jouer un plus grand rôle dans la vie politique »
  8. Le numérique, un outil au service de la participation citoyenne
  9. Gouvernement ouvert : les collectivités territoriales en première ligne
  10. Démocratie participative : les outils numériques doivent encore convaincre
  11. Plus ludique, la concertation attire tous les publics
  12. Bilan positif pour la plateforme numérique de participation citoyenne à Mulhouse
  13. « Les outils numériques permettent de répondre aux enjeux de la démocratie locale » – Nathalie Appéré, maire de Rennes
  14. Renouveau de la démocratie : les idées de Renaissance Numérique pour les collectivités
  15. Les applis de remontée citoyenne révolutionneront-elles la démocratie ?
  16. « La démocratie ne peut se réduire aux élections » – Jo Spiegel

 

 

L’engagement écologique au coeur de la cité

Cet article est extrait du dossier

Le réveil écocitoyen – initiatives et mobilisations

qui comporte les articles suivants :

Le réveil écocitoyen – initiatives et mobilisations  Emiliano Arpin-Simonetti

L’engagement écologique au coeur de la cité  Lucie Sauvé

Apprendre de Mobilisation Turcot  Laurence Brière

Initiatives de transition : un laboratoire social  Félix Lebrun-Paré

À l’école de l’écocitoyenneté Jean Robitaille

Défendre l’appartenance au territoire François L’Italien

Notre-Dame-des-Landes : l’invention d’une autre citoyenneté ? Geneviève Coiffard-Grosdoy

Pour un municipalisme d’ici Jonathan Durand Folco

Évaluation de l’efficacité des processus de délibération : études de cas sur la gestion des déchets

La sociologue britannique Judith Petts a publié en 2001 un article dans lequel elle propose dix critères d’évaluation des processus participatifs et passe deux dispositifs au crible de ces critères.

Les critères sont les suivants :

  1. veiller à ce que les participants soient représentatifs de l’ensemble des personnes potentiellement affectées et que les obstacles susceptibles de fausser la représentation soient minimisés ;
  2. permettre aux participants de contribuer à l’ordre du jour et de s’entendre sur les procédures et méthode d’animation ;
  3. permettre aux participants de dialoguer et favoriser la compréhension mutuelle des valeurs et des préoccupations ;
  4. veiller à ce que les dissensions et les différences soient abordées et comprises ;
  5. garantir que les «experts» soient questionnés et que les participants aient accès à l’information et aux connaissances nécessaires pour leur permettre de se faire une opinion de manière critique ;
  6. réduire les malentendus et garantir que l’authenticité des revendications soit discutée et examinée ;
  7. prendre en compte les différences entre les participants, par exemple pour leur permettre de développer leurs idées, d’apprendre et aborder de nouvelles façons de voir un problème ;
  8. rechercher un consensus sur les recommandations et/ou les décisions élaborées par les participants ;
  9. avoir un réel impact sur les décisions et dégager des propositions correspondantes à l’intérêt public ;
  10. veiller à ce que le processus soit transparent et ouvert à ceux qui ne sont pas directement impliqués mais potentiellement affectés.

Sur les critères d’évaluation de la participation, voir aussi
G. Rowe et L.J. Frewer, 2000

Source : Judith Petts (2001) Evaluating the Effectiveness of Deliberative Processes: Waste Management Case-studies, Journal of Environmental Planning and Management, 44:2, 207-226, DOI: 10.1080/09640560120033713
Link to this article.

vTaïwan fait du citoyen la clé de la discussion publique

vTaïwan (Virtual Taiwan) est un dispositif élaboré de consultation citoyenne, croisant participation en ligne et délibérations physiques « augmentées » lors de temps successifs. Depuis 2014, ce dispositif mobilise des civic techs (technologies employées à des fins civiques) et des moyens de communication de masse dédiés. Il fait partie de manière officielle et routinière du processus de création de la loi par les institutions taïwanaises, permettant d’impliquer dans celle-ci des milliers de citoyens à des degrés divers.

Alexandre Detroux (Bluenove) propose dans cet article un point de vue critique sur les modalités de fonctionnement et la performance du dispositif vTaïwan.

LE « POUVOIR CITOYEN » CHANGE-T-IL LA DÉMOCRATIE ? L’EXPÉRIENCE DE SAILLANS VUE PAR SES HABITANTS

Lancée en 2014, l’expérience démocratique de Saillans, petite ville de la Drôme, a suscité la curiosité. Souvent érigée en modèle de démocratie participative, mêlant nouvelles formes de gouvernance de l’action municipale et outils innovants d’association des habitants, cette démarche originale peut-elle aujourd’hui offrir un premier bilan ? Guillaume Gourgues et Clément Mabi, experts des questions démocratiques, s’appuient sur une enquête inédite menée auprès des habitants pour mesurer l’efficience et la portée du « modèle » démocratique de Saillans, pour l’Observatoire de l’expérimentation et de l’innovation locales de la Fondation.

« les conseils citoyens doivent construire des alliances »

Sociologue spécialiste de la politique de la ville, Thomas Kirszbaum accompagne et observe la mise en place de plusieurs conseils citoyens de Bordeaux Métropole. Dans cette interview, il analyse les atouts et les limites des conseils citoyens, et dresse leurs perspectives à moyen terme.

La démocratie participative : entretien avec Loïc Blondiaux

Dans quelle mesure la démocratie participative est-elle susceptible de compléter et d’enrichir la démocratie représentative ? À l’occasion du festival des idées « La Chose Publique » organisé à Lyon en novembre 2017, Loïc Blondiaux, spécialiste de la démocratie participative, était invité à débattre avec Ulrike Guérot lors d’une table ronde animée par Sylvain Bourmeau sur la thématique de l’Europe participative, le 24 novembre 2017.

La Chose Publique est un festival conçu et organisé par la Villa Gillet en partenariat avec l’Europe des Citoyens et financé par Res Publica. Il s’est tenu du 16 au 25 novembre 2017 à Lyon sur le thème « Perspectives européennes ». Loïc Blondiaux a participé avec Ulrike Guérot au débat du 24 novembre, Vers une Europe participative ? (accès au podcast de la conférence).

Trois niveaux de participation citoyenne

La participation citoyenne est devenue une sorte de tarte à la crème de bien des discours politiques locaux. Mais elle cache des réalités différentes qu’il faut distinguer si l’on veut avancer dans cette direction.

La transition écologique et la démocratie : quelques remarques philosophiques, politiques et anthropologiques

Concevoir la démocratie pour le long terme : innovation institutionnelle et changement climatique

Le court-termisme est un important dysfonctionnement de la démocratie, conduisant à des réponses politiques inefficaces pour faire face au changement climatique – enjeu parmi d’autres relatif au long terme. Cet article explore les sources des myopies de la démocratie et se demande comment les institutions démocratiques pourraient être conçues pour promouvoir une pensée de long terme et ainsi être plus efficace vis-à-vis du changement climatique. Une attention particulière est donnée aux objectifs démocratiques d’une Agence indépendante pour les Générations Futures, une innovation institutionnelle d’actualité.

Article de la Pensée Ecologique, dossier « Les transitions écologiques »

SUD’EAU 2 : un projet de gestion durable et participative de l’eau et des cours d’eau du sud-ouest européen

Suite à un diagnostic des problématiques soulevées par la gestion de l’eau dans le sud-ouest de l’Europe, le projet SUD’EAU 2 (France, Espagne et Portugal) a pour ambition d’améliorer l’application de la Directive cadre sur l’eau via le développement de méthodologies et d’outils standardisés, accessibles et applicables au niveau local et régional.

Fabienne SANS est Responsable de projets de coopération territoriale européenne au sein du Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (SMEAG).

Diffuseur: Gest’eau

La concertation : changements et questions

Auteur(s) :Marie-Gabrielle Suraud, Françoise Lafaye, Mathieu Leborgne

Numéro 2009-03

Nombre de pages :37 pages

Type dans la collection: Apport de la recherche

Centre d’intérêt : La Concertation Sur Les Risques Industriels

Dynamiques de construction et instrumentalisation de la légitimité dans les débats en ligne relatifs au réchauffement climatique

Résumé

L’article étudie les discussions en ligne relatives au réchauffement climatique sur trois plateformes d’interaction différentes. L’analyse qualitative est centrée sur la manière dont les participants construisent leur légitimité dans l’échange et sur la façon dont les autres contributeurs l’acceptent ou la refusent. Ces observations montrent comment des dimensions différentes de la légitimité sont soutenues par plusieurs aspects du dispositif et permettent de constater l’opposition de légitimités intrinsèque et extrinsèque à la plateforme.

Les conversations politiques en ligne au quotidien : design, délibération et « tiers espace »

Résumés

L’article examine un ensemble de problématiques ayant trait à la qualité du débat public en ligne, notamment la polarisation politique, l’évitement du débat, les incivilités et les inégalités discursives. Il avance que ces problèmes ont davantage tendance à affecter des espaces en ligne dédiés à la politique comme les forums partisans, les groupes politisés sur les réseaux sociaux ou les hashtags politiques. L’argument principal est que les discussions politiques quotidiennes dans des espaces « non politiques », ce que l’auteur nomme « les tiers espaces », présentent la particularité de limiter ces écueils. L’auteur formule des recommandations de design pour concevoir des « tiers espaces » pouvant faciliter les discussions politiques.

Participer ou presque Préciser les ambiguïtés de la participation dans le domaine médical

Résumés

Nous partons d’une double hypothèse. Premièrement, nous proposons de considérer l’ambiguïté comme une dimension structurelle des relations institutionnelles où se joue la participation du « tout-venant » à l’exploration des problèmes et des décisions complexes qui le concernent. Nous avançons ensuite l’idée que, dans ces mêmes situations, la « montée en ambiguïté » dans ses différentes formes observables constitue une réponse adaptative face au caractère improbable de ces communications. En vue d’esquisser quelques-unes des figures, fonctions et opérations de l’ambiguïté dans la participation, nous nous appuyons sur des terrains ethnographiques à première vue fort éloignés. D’un côté, les échanges dyadiques menés dans le cadre privé et clos du cabinet entre un médecin et ses patients autour de leurs cas personnels. De l’autre, l’ethnographie d’une expérience de consultation citoyenne sur la question du remboursement public des frais de santé en Belgique ; un dispositif associant professionnels de la santé et « citoyens ordinaires » dans des discussions collectives en assemblée et des délibérations en sous-groupes. En articulant ces cas qui tous deux concernent une « consultation » relative à des questions de santé et engagent la figure de l’ individu « ordinaire » comme interlocuteur « profane », nous parvenons à dégager six difficultés majeures structurant la communication. Nous précisons ensuite les ajustements trouvés par les interlocuteurs en situation pour contourner, suspendre, neutraliser ou mettre entre parenthèses ces difficultés.