« Le jour où toi et moi on sera vraiment égaux, j’irai voter »

Résumés

Les normes qui structurent les interactions discursives dans l’espace public façonnent également les mobilisations citoyennes. En France, la difficulté de parler publiquement des discriminations raciales contraint les formes de mobilisation qui visent à faire participer les citoyens à la vie de la cité. À partir d’une enquête ethnographique menée dans la ville de Roubaix, et du suivi de plusieurs initiatives visant à lutter contre l’abstention, l’article réinvestit par le bas la question des effets des jeux de cadrage sur les dynamiques d’action collective. Dans ce cas, l’écart observé entre un cadre civique et un cadre racialisé contraint les initiatives de mobilisations électorales, qui résonnent peu avec l’expérience ordinaire des acteurs. Alors que le premier rappelle que le vote est un devoir civique, le second souligne qu’une des conditions de la citoyenneté est l’égalité de traitement entre tous les membres de la communauté politique. Ce faisant, l’article démontre que les échanges communicationnels dans l’espace public ont des conséquences pratiques très concrètes.

 

Référence papier

Julien Talpin, « « Le jour où toi et moi on sera vraiment égaux, j’irai voter » », Questions de communication, 30 | 2016, 65-90.

Référence électronique

Julien Talpin, « « Le jour où toi et moi on sera vraiment égaux, j’irai voter » », Questions de communication [En ligne], 30 | 2016, mis en ligne le 31 décembre 2018, consulté le 25 septembre 2017. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/10718 ; DOI : 10.4000/questionsdecommunication.10718

Publics, problèmes publics, arènes publiques…

Pour citer cet article

Référence papier

Daniel Cefaï, « Publics, problèmes publics, arènes publiques… », Questions de communication, 30 | 2016, 25-64.

Référence électronique

Daniel Cefaï, « Publics, problèmes publics, arènes publiques… », Questions de communication [En ligne], 30 | 2016, mis en ligne le 31 décembre 2018, consulté le 25 septembre 2017. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/10704 ; DOI : 10.4000/questionsdecommunication.10704

Le débat et ses arènes

Romain Badouard, Clément Mabi et Laurence Monnoyer-Smith
À propos de la matérialité des espaces de discussion
On the materiality of discussion spaces

Référence papier

Romain Badouard, Clément Mabi et Laurence Monnoyer-Smith, « Le débat et ses arènes », Questions de communication, 30 | 2016, 7-23.

Référence électronique

Romain Badouard, Clément Mabi et Laurence Monnoyer-Smith, « Le débat et ses arènes », Questions de communication [En ligne], 30 | 2016, mis en ligne le 13 mars 2017, consulté le 25 septembre 2017. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/10700

Méthodes de participation du public : un cadre d’évaluation

Il existe diverses procédures de participation du public, de l’enquête publique à la conférence de citoyens. Mais l’évaluation de la qualité de ces méthodes fait souvent preuve de confusion quant aux critères à prendre en compte. Étant donné qu’il est difficile de déterminer la qualité des résultats de tout exercice de participation, les auteurs de cet article estiment nécessaire de déterminer quels aspects du processus sont souhaitables pour pouvoir ensuite les mesurer. Ils proposent deux types de critères d’évaluation essentiels pour une participation effective du public : les critères d’acceptation (les caractéristiques d’une méthode qui la rendent acceptable pour le grand public), et les critères de processus (les caractéristiques du processus susceptibles de garantir son bon déroulement).

Critères d’acceptation

  • représentativité : les participants doivent constituer un échantillon représentatif du public concerné
  • indépendance : le processus de participation doit être conduit de façon indépendante et impartiale ;
  • engagement précoce : le public doit être impliqué le plus tôt possible dans le processus de décision ;
  • influence : le processus de participation doit avoir un réel impact sur la décision ;
  • transparence : le processus doit être transparent, le public doit voir comment les décisions sont prises.

Critères de processus

  • accessibilité des ressources : les participants doivent avoir accès à des ressources pertinentes pour se forger une opinion ;
  • définition des tâches : la nature et l’étendue de la participation doivent être clairement définies ;
  • processus décisionnel structuré : le processus de participation doit contribuer à structurer et clarifier le processus de décision ;
  • coût/efficacité : le processus de participation être « rentable » (cost-effective).

Les auteurs qualifient certains processus participatifs (référendum, enquête publique, conférence de citoyens, focus group, concertation de parties prenantes…) en fonction de ces critères en leur donnant une « note » : haut, moyen ou bas.

Rowe, Gene and Frewer, Lynn J., Public Participation Methods: A Framework for Evaluation (2000). Science, Technology, & Human Values, Vol. 25, No. 1, pp. 3-29, 2000.

Sur le même sujet, voir aussi :

Arènes du débat public

Questions de communication, 30

Éditions universitaires de Lorraine, 2016, 516 pages
(20 euros)

PRÉSENTATION

Ce dossier contribue à mieux saisir les évolutions actuelles des formes du débat public. Comment penser le foisonnement des prises de parole, la multiplication des discours et des contre-discours ? Cette profusion est-elle un symptôme de la balkanisation de l’espace public, notamment sous l’influence du numérique ?

SOMMAIRE

Dossier : Arènes du débat public
coordonné et présenté par Romain Badouard, Clément Mabi, Laurence Monnoyer-Smith

Romain Badouard, Clément Mabi, Laurence Monnoyer-Smith – Le débat et ses arènes. À propos de la matérialité des espaces de discussion
Daniel Cefaï – Publics, problèmes publics, arènes publiques… Que nous apprend le pragmatisme ?
Julien Talpin – « Le jour où toi et moi on sera vraiment égaux, j’irai voter ». Évitement des discriminations raciales et (dé)mobilisation politique des groupes minorisés
Mathieu Berger, François Romijn – Participer ou presque. Préciser les ambiguïtés de la participation dans le domaine médical
Scott Wright – Les conversations politiques en ligne au quotidien : design, délibération et « tiers espace»
Virginie Julliard – #Théoriedugenre : comment débat-on du genre sur Twitter ?
Baptiste Campion – Dynamiques de construction et instrumentalisation de la légitimité dans les débats en ligne relatifs au réchauffement climatique

Échanges

Fabien Granjon – Des échelles de la critique. Réponses
Raphaël Baroni – L’empire de la narratologie, ses défis et ses faiblesses

Notes de recherche

Marie-France Chambat-Houillon – De la sincérité aux effets de sincérité, l’exemple de l’immersion journalistique à la télévision
Caroline Guibet Lafaye, Pierre Brochard – Entre faits divers et débats publics : comment la presse écrite aborde la psychiatrie ?
Marie-Claude Plourde, Consuelo Vásquez, Sophie Del Fa – Se mouvoir par-delà les frontières au moyen d’un projet bénévole
Yannick Rumpala – Que faire face à l’apocalypse ? Sur les représentations et les ressources de la science-fiction devant la fin du monde
Olivier Standaert – Récompense du premier prix du Jeune Chercheur 2016 de la SFSIC : À l’orée du journalisme, aux marges de ses idéaux. Marchés du travail et trajectoires d’insertion des nouveaux journalistes de Belgique francophone

En VO

« En VO » ou le pari du plurilinguisme
Angeliki Monnier – Présentation
Lilie Chouliaraki – Solidarity and Spectatorship

Notes de lecture

Culture, esthétique
Histoire, sociétés
Langue, discours
Médias, information
Technologies

Les conflits d’usage et de voisinage de l’espace. Bilan d’un programme de recherche pluridisciplinaire

On a souvent le sentiment diffus d’une montée de la conflictualité liée aux usages de l’espace, laissant à penser que ces conflits occupent un rôle important dans la société française et qu’ils viennent s’immiscer dans les processus de développement en marquant une opposition déclarée à certains projets décidés par l’État, des entreprises ou des particuliers. Différentes explications sont alors avancées, parmi lesquelles la judiciarisation de la société, l’implication et le niveau d’information croissant des populations, l’égoïsme de certains groupes de riverains, la complexité croissante des actes techniques ou le manque d’espace dans certaines zones particulières du territoire comme le périurbain.

Cet article a pour objectif de faire un bilan sur l’état de la conflictualité liée aux usages de l’espace en France et de porter un jugement sur les caractéristiques de ces conflits, à partir des résultats d’un programme de recherche mis en place depuis plusieurs années. La première partie est consacrée à la présentation des principales hypothèses et de la méthodologie d’étude mise en action, alors que la deuxième présente les principaux résultats appliqués et les grands invariants de la conflictualité. La dernière partie analyse l’impact de ces conflits sur les processus de gouvernance et de développement des territoires.

Gouverner les hommes et les ressources : légitimités et citoyennetés

Ce dossier central des Cahiers des Amériques latines se penche sur la question cruciale du contrôle et de l’allocation des ressources stratégiques : terre, eau, ressources minières…

Enjeu central de la construction du pouvoir, le contrôle des ressources marque, en Amérique latine, les trajectoires, souvent conflictuelles et violentes, de négociation des rapports entre les communautés locales et les différents niveaux de gouvernement – de l’État central aux municipalités. À l’origine de réformes majeures, il structure les rapports entre les communautés rurales et les institutions nationales et redéfinit les territoires et leurs modes de gouvernement.

Plongée dans la question actuelle de l’accaparement et de la spoliation des ressources naturelles, ce dossier revient sur différents cas de figure latino-américains : de la domination de l’État et des firmes par la violence à l’autonomie communautaire, en passant par la négociation et la réappropriation des règles officielles par les acteurs locaux.

Utopia Nova. La démocratie, radicalement.

n°47 de la revue Tumultes, « Utopia Nova. La démocratie, radicalement. »

Utopie et conflictualité

  • Patrice Vermeren : La carte du monde et le cercueil de l’utopie
  • Ricardo Peñafiel : Espaces utopiques, ou l’eutopie concrète de l’action transgressive
  • Étienne Tassin : Le rêve, le désir et le réel. Marx ou Cabet
  • Lewis Gordon : Toujours plus haut : Mohammed Ali

Exploration de l’ailleurs

  • « Utopier le désir ! ». Entretien avec Alain Damasio
  • Sylvia D. Chrostowska : La réparation somatique. Utopie, corps, politique
  • Éric Fabri : Socialisme et utopie. L’autonomie de Fourier à Castoriadis
  • Alice Carabédian : Circonstances Spéciales ou l’utopie radicale

Insuffler l’utopie au cœur de la démocratie ?

  • Manuel Cervera-Marzal : La démocratie sous tension. Radicalité et utopie, sœurs ennemies de l’aventure démocratique
  • Anders Fjeld : Repenser l’utopie avec Rancière. Expérimentations et suridentification au Familistère de Guise
  • Brice Nocenti : Vers un dépassement de la critique radicale-démocratique de l’utopie ?

La ferme, pépinière de démocrates

Matthieu Calame, « La ferme, pépinière de démocrates », La Vie des idées , 23 mai 2016. ISSN : 2105-3030.
À propos de : Joëlle Zask, La Démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques, La Découverte
http://www.laviedesidees.fr/La-ferme-pepiniere-de-democrates.html

Existe-t-il une exception démocratique islandaise ?

Lionel Cordier, « Existe-t-il une exception démocratique islandaise ? », La Vie des idées , 3 mai 2016. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Existe-t-il-une-exception-democratique-islandaise.html

Mettre à l’épreuve l’acceptabilité sociale (partie 1)

VertigO Volume 15 Numéro 3 | 2015 Mettre à l’épreuve l’acceptabilité sociale (partie 1)
Sous la direction de Jérôme Boissonade (Université du Littoral Côte d’Opale, France), Tom Bauler (Université Libre de Bruxelles, Belgique), Remi Barbier (Ecole Nationale du Génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg, France), Marie-Josée Fortin (Université du Québec à Rimouski, Canada), Frédérick Lemarchand (Université de Caen, France) et Emmanuel Raufflet (HEC-Montréal, Canada)
Alors même que nombre d’acteurs institutionnels et opérationnels la considèrent comme un allant de soi, la notion d’acceptabilité sociale suscite a minima de l’embarras parmi les chercheurs. Cet embarras paraît légitime à propos d’une notion comportant une forte charge normative et par ailleurs encore très peu stabilisée dans le champ scientifique.

Cet embarras place les chercheurs face à un dilemme. Soit ils rejettent la notion pour créer des termes alternatifs, au risque alors que ces derniers soient repris pour renommer des pratiques ayant elles, peu évolué. Soit ils s’approprient l’expression portée par les acteurs opérationnels et institutionnels, mais tentent alors d’en changer le sens en proposant des définitions, en précisant des cadres d’analyse; ce faisant, ils préservent l’expression a minima comme « mot de passe » leur permettant, entre-autres, d’ouvrir un dialogue avec ces acteurs, ainsi qu’avec les autres disciplines.
Pour ce dossier de [VertigO], nous avons choisi d’affronter l’embarras que provoque cette notion d’acceptabilité sociale en la mettant à l’épreuve. Nous proposons de faire le point sur ce que recouvre « l »acceptabilité sociale » (conceptions, approches) pour en saisir toutes les implications (analytiques, politiques), afin, d’une part, d’offrir des repères sur les discours et pratiques menées en son nom, et d’autre part, de comprendre sur quoi reposent les critiques qui la remette en cause.

Ma cité a craqué. Dix ans après les révoltes urbaines de 2005

Mouvements 2015/3 (n° 83). – 15 €

Les articles du numéro sont accessibles sur Cairn : https://www.cairn.info/revue-mouvements-2015-3.htm
L’édito est en accès libre sur le site de la revue : http://mouvements.info/edito/ma-cite-a-craque-dix-ans-apres-les-revoltes-urbaines-de-2005/

Les « communs », biens essentiels à la vie

« Les communs sont caractérisés par un type de propriété, ni privé ni étatique. Dans leur extrême diversité, des communs naturels aux communs immatériels, ils peuvent être définis à la fois par une ressource commune et par des règles précises d’usage, de restitution, de partage de la ressource qui engagent et constituent une communauté. Les communs naturels (eau, terre, air, sous-sol, semences, biodiversité) sont singuliers car ils n’ont pas été produits par l’activité humaine et qu’ils sont des biens essentiels à la vie. Ce ne sont pas des « ressources » au sens économique du terme, mais des matrices premières. »

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